Œuvre
De l’art des enseignes
Dans les rues du centre-ville

En proposant à des commerçants de laisser des artistes réinterpréter leur enseigne, Le Voyage à Nantes implique dans une démarche créative ces acteurs essentiels de la cité.

Comme des apparitions inattendues, leurs propositions viennent perturber le continuum des signes qui caractérisent les rues de Nantes. Le long de la ligne verte, ce sont autant de tableaux, de portraits qui nous trompent, nous illusionnent, mélangent les genres et brouillent la frontière entre parures et devantures, jeux et enjeux de l’enseigne moderne.

STÉPHANE VIGNY
MIRER
Stéphane Vigny conçoit ses œuvres en écho à des situations. Se servant souvent d’objets d’usage courant et de matériaux de construction (bois, PVC, lambris, béton), il en détourne les usages et les fonctions par des jeux de glissements de mots, de formes, de sens. Féru de musique baroque, l’artiste applique dans son travail les mêmes procédés de création que les compositeurs multipliant les variations autour d’un thème. « L’anti-sublime », le kitsch et l’artisanal se confrontent dans son travail dans des mises en situation d’objets et de concepts proches de l’absurde, et invariablement drôles ! Par une approche subtile, en lien avec le nom ou l’activité du commerçant, Stéphane Vigny donne ici à voir des œuvres où tour à tour le spectateur, l’enseigne ou les fonctions du commerce sont mis en abyme.

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LISA LAUBREAUX
LES PERCHEURS
Sous la forme d’enseignes en bois peint à la main, l’artiste-illustratrice Lisa Laubreaux matérialise une galerie de personnages présentés comme en équilibre au-dessus des passants. En clins d’œil aux noms des commerces auxquels ils se rapportent, ces personnages pourraient tout aussi bien raconter d’autres histoires…

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JÉRÉMIE RIGAUDEAU
ABSURDOGRAPHIE
Les propositions de Jérémie Rigaudeau se révèlent d’un humour parfois léger, parfois mordant. Armé de dérision, l’artiste s’amuse aussi bien du nom du commerce que du service proposé pour venir créer des enseignes qui en prennent le contre-pied ! Un compte-mouton bien trop énergique pour envisager un endormissement sans peine sur un hôtel ou encore un planisphère où les continents ne restent plus en place et renouvellent notre vision du monde…

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LE GENTIL GARÇON
HAÏCOOL
Le Gentil Garçon présente une série de haïkus dans la ville : tantôt les enseignes sont revisitées selon la fonction, le design ou l’état d’esprit (supposé) du commerce, tantôt elles racontent une histoire, en jouant avec le voisinage immédiat.

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GAVIN PRYKE
AUTOMATES À L’UNISSON
Dessinateur passionné par la représentation du “petit monde social”, Gavin Pryke présente rue Joffre une série d’automates. Clin d’œil d’un artiste britannique à Nantes, berceau des jouets mécaniques ingénieux qui allaient inspirer les moteurs de la révolution industrielle !

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GRÉGOIRE ROMANET
ZONES SENSIBLES
L’artiste offre une vision décalée des panneaux indicateurs de la ville. Détournées de leur fonction, ces pancartes rendent compte des activités commerçantes dans un langage narratif proche de celui de la bande dessinée. Chaque ensemble de panneaux constitue une “zone sensible” : un espace concret, tangible, visuel, une invitation à la rêverie, à la contemplation.

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QUENTIN FAUCOMPRÉ, OLIVIER TEXIER ET, PASCAL LEBRAIN
VIVA LAS VEGAS !
Comme une histoire au scénario clignotant, les trois artistes créent un jeu de piste en forme de ville- lumière imaginaire qui s’infiltre dans les rues. Tour à tour, sculptures, jeux de mots spatialisés, détails fantasques et fantastiques jaillissent des façades pour provoquer l’étonnement, le sourire, la surprise.