À l’occasion de cette exposition au sein de la chapelle du Lycée Clemenceau, Edgar Sarin développe une nouvelle réflexion sur ces constructions qui portent à la fois les notions universelles d’habitats et l’intimité du rapport à la matière.
Pour la première fois accessible au public grâce au parcours estival, la chapelle du lycée Clemenceau se transforme en espace d’exploration pour une nouvelle mise en oeuvre de la pensée de l’artiste Edgar Sarin.
L’artiste ancre sa réflexion et sa pratique sur la dimension vivante et organique de l’exposition, envisagée comme un monde en soi. Il privilégie les matériaux naturels et les processus de fabrication artisanale.
Il s’intéresse aux unités d’habitation ou aux petites architectures vernaculaires comme points de cristallisation de pensées sur la manière d’habiter l’espace d’exposition, mais plus globalement « le monde ».
Dans la lignée des architectures modulaires de Jean Prouvé, il a imaginé une architecture composée de modules en bois de chêne emplis de torchis réalisé à partir de terre locale. À la fois moderniste et primitive, elle brouille chronologies et typologies.
Des objets sculptés par l’artiste, bols et cuillères en bois, chaufferettes en bronze, luminaires en verre, assises en acier, sont ici comme recueillis et protégés. Edgar Sarin inclut également dans cet ensemble plusieurs ruches « paniers » recouvertes de torchis, dans la lignée des techniques de construction de ruches traditionnelles, qu’il a décidé de rendre actives en les confiant à des apiculteurs.
Le lycée de Nantes ouvre en 1808 dans les locaux de l’ancien couvent des Ursulines et du séminaire de Nantes. L’édification de la chapelle en 1892 accompagne un grand projet de rénovation et d’extension. Pendant la Première Guerre Mondiale il devient un hôpital militaire et prend officiellement le nom de Lycée Clemenceau en 1919.
La chapelle est un édifice de plan simple à nef unique construit dans un style épuré. Durant la Seconde Guerre Mondiale, elle est occupée par les Allemands comme site de stockage d’artillerie et subit d’importants dégâts lors des bombardements de 1943. Restaurée progressivement, elle bénéficie de nouveaux vitraux en 1951. La chapelle est officiellement désacralisée en 1968 et, depuis, utilisée comme salle de cours et d’examen.
Pour la première fois ouverte au public dans le cadre du Voyage à Nantes, la chapelle du Lycée Clemenceau se transforme à l’occasion de l’édition estivale en espace d’exploration pour une nouvelle mise en oeuvre de la pensée de l’artiste Edgar Sarin.
Ingénieur de formation, Edgar Sarin a bifurqué dès la fin de ses études vers l’art. Il a, dès lors, souhaité ancrer sa réflexion et sa pratique sur la dimension vivante et organique de l’exposition, envisagée comme un monde en soi.
Son oeuvre est faite d’installations, de poésies, de dessins, de sculptures, de musiques et de gestes. Il privilégie les matériaux naturels (bois, pigment, argile, pierre ou cire d’abeille) relativement simples à travailler et les processus de fabrication artisanale.
Il taille la pierre, sculpte le bois, façonne des céramiques ou des bronzes, compose des partitions, met en scène des gestes et des situations.
L’espace d’exposition est conçu comme un lieu de travail, un espace permanent de création et de production qui est livré au regard, au corps et à l’expérience du visiteur.
« À la recherche de nouveaux territoires physiques et sémantiques, Edgar Sarin conçoit des expositions qui s’écrivent pendant leur temps de vie, sur mesure, dans l’espace même où elles se déploient. Il les compare à des organes peu fragiles, capables de naviguer à vue, de recevoir l’aléa, d’accueillir de multiples couches d’historicité, et autant de performances en équilibre entre composition et improvisation. » (Eva Prouteau — Communiqué de presse de l’exposition Objectif : Société (Variations Goldberg), Le Grand Café — centre d’art contemporain de Saint-Nazaire, 2023)< Dans une grande et continue vitalité créatrice, l’artiste réalise rarement deux fois la même oeuvre, chaque exposition étant l’occasion d’en penser de nouvelles, en prise avec ses pensées et questionnements de l’instant, ou d’améliorer et repenser le geste ou la fonction de projets antérieurs. Collaborant avec d’autres artistes au sein d’une cellule de réflexion sur le principe d’exposition, baptisée « la Méditerranée », Edgar Sarin s’est intéressé aux unités d’habitation ou petites architectures vernaculaires comme points de cristallisation de pensées sur la manière d’habiter l’espace d’exposition mais plus globalement le « monde ». L’espace d’exposition offre en effet pour l’artiste : « une unité de temps, de lieu et d’action, un cadre dans lequel on entre pour se répandre ensuite ». En 2020, Edgar Sarin débutait le cycle d’expositions Objectif : société au Centre d’art contemporain Chanot à Clamart, cycle qu’il a clos en 2023 au Centre d’art contemporain Le Grand Café à Saint-Nazaire. Au sein de ces expositions, il a développé différentes formes d’unités d’habitations, les « Kaaba ». Ces constructions, dont l’espace trouve son inspiration depuis les greniers celtes sur pilotis jusqu’aux architectures vernaculaires subsahariennes, font aussi référence à la maison sacrée édifiée pour les hommes, située au centre de La Mecque. S’inspirant des représentations de ces constructions cubiques simples, Edgar Sarin en a fait des lieux d’expérimentations plastiques en les recouvrant de terres locales, travaillées en torchis.
À l’occasion de cette exposition au sein de la chapelle du Lycée Clemenceau, Edgar Sarin développe une nouvelle réflexion sur ces constructions qui portent à la fois les notions universelles d’habitats et l’intimité du rapport à la matière.
Avec de la terre récoltée sur le territoire, les équipes du Voyage à Nantes ont réalisé cette construction empirique adaptée aux contraintes du lieu d’exposition et à la pensée de l’artiste. Imaginée et réalisée dans la lignée des architectures modulables de Jean Prouvé, elle devient une véritable construction monumentale. De fait, cette cabane est composée de modules en bois de chêne emplis de torchis. Moderniste et primitive, elle brouille ainsi chronologies et typologies.
Souhaitant mettre cette architecture à l’épreuve du réel, Edgar Sarin la fait vivre en y insérant un ensemble d’objets à la fois usuels et sculpturaux.
Ces objets, sculptés par l’artiste ou confiés à la réalisation de mains d’artisans, bols et cuillères en bois, chaufferettes en bronze, luminaires en verre, assises en acier, sont ici comme recueillis et protégés.
Edgar Sarin inclut également à cet ensemble un ensemble de ruches « paniers » recouvertes de torchis, dans la lignée des techniques de construction de ruches traditionnelles, qu’il a décidé de rendre actives en les confiant à des apiculteurs.
Edgar Sarin est né en 1989. Il vit et travaille à Paris.
Il est représenté par la Galerie Michel Rein (Paris, Bruxelles).
Voir le site web de l’artiste.
Remerciements au collectif des terreux armoricains pour leur accompagnement dans la manipulation de la terre pour la création de l’œuvre, et à l’équipe du lycée Clemenceau pour son accueil.
Visites
Visites flash 7j/7 à 11h. durée 20-30 minutes, gratuit, sans réservation et dans la limite des places disponibles.
Le Lycée Clemenceau
Le lycée de Nantes ouvre en 1808 dans les locaux de l’ancien couvent des Ursulines et du séminaire de Nantes. L’édification de la chapelle en 1892 accompagne un grand projet de rénovation et d’extension. Pendant la Première Guerre Mondiale il devient un hôpital militaire et prend officiellement le nom de Lycée Clemenceau en 1919.
La chapelle est un édifice de plan simple à nef unique construit dans un style épuré. Durant la Seconde Guerre Mondiale, elle est occupée par les Allemands comme site de stockage d’artillerie et subit d’importants dégâts lors des bombardements de 1943. Restaurée progressivement, elle bénéficie de nouveaux vitraux en 1951. La chapelle est officiellement désacralisée en 1968 et, depuis, utilisée comme salle de cours et d’examen.
À voir à proximité
Pour le bâtiment de la Direction régionale des affaires culturelles à Nantes, Morellet conçoit, en 1987-1988, un néon rouge – élément qu’il utilise dans son travail depuis 1963 –, L’angle DRAC, qui le transperce littéralement.
1 rue Stanislas Baudry
11 Rue de Richebourg, Nantes
Comment s'y rendre ?
Parkings à proximité : Parking Gare Château, Parking Gare Sud 3
Transports en commun : Gare Nord - Jardin des Plantes, Trébuchet, Gare Sud, Duchesse Anne - Château
Vélos en libre service : Station Naolib Vélo libre-service Gare de nantes nord (n°60), Station Naolib Vélo libre-service Gare de nantes nord 2 (n°62), Station Naolib Vélo libre-service Jardin des plantes (n°63), Station Naolib Vélo libre-service Duchesse anne (n°49), Station Naolib Vélo libre-service Gare de nantes sud (n°70), Station Naolib Vélo libre-service Lieu unique (n°61), Station Naolib Vélo libre-service Saint clément (n°64), Station Naolib Vélo libre-service Foch (n°32)
Fermé aujourd‘hui
Du 4 juillet 2026 au 6 septembre 2026
Exposition dans une chapelle accessible via 2 grands escaliers en pierre de 10 et 20 marches environ.
Se présenter à l'entrée du lieu rue Richebourg. Un médiateur accompagne les visiteurs en fauteuil jusqu’à l’espace d’exposition via un accès de plein pied (400 mètres de cheminement à travers le lycée).
!!! du 31 août au 4 septembre : cet accès est exceptionnellement fermé.