Riche de l’un des plus importants ensembles consacrés à Claude Cahun – figure majeure du surréalisme originaire de Nantes – le Musée d’arts de Nantes propose à l’automne 2026 une grande exposition dédiée aux artistes femmes qui furent reliées à l’imaginaire surréaliste, et à celles qui, aujourd’hui encore, le demeurent.

En s’appuyant sur ses collections uniques et sur de nombreux prêts exceptionnels, le musée offre une relecture inédite du mouvement à travers les regards et les trajectoires de ces créatrices qui ont su par une pratique plurielle (peinture, photographie, sculpture, dessin, écriture, cinéma) s’emparer des idées surréalistes pour explorer leur rapport au monde et à elles-mêmes. L’exposition révèle une constellation libre, qui continue de traverser le temps, et élargit ce faisant la lecture habituelle du surréalisme au-delà des limites d’un mouvement constitué.

Une lecture renouvelée et organique du surréalisme

Dès les années 1970, des chercheuses comme Gloria Orenstein et Whitney Chadwick ont mis en lumière l’invisibilisation des femmes dans l’histoire du surréalisme. Leurs travaux ont ouvert la voie à de nombreuses publications et expositions internationales. Après Surréalisme au féminin ? présentée au Musée de Montmartre en 2023, le projet imaginé par le Musée d’arts de Nantes apporte un jalon complémentaire à cette réécriture de l’histoire du surréalisme. L’exposition propose une lecture renouvelée en s’intéressant aux œuvres dans leur contexte social et historique, aux relations entre les artistes, ainsi qu’au rôle clef des femmes « passeuses » (galeristes, mécènes, collectionneuses) dont l’appui matériel a rendu possible le développement des idées surréalistes. Cette approche organique, valorisant les interactions, les échanges et les réseaux plutôt que les simples juxtapositions, est au principe de l’exposition, se faisant le reflet de la constellation surréaliste elle-même.

Une approche élargie du surréalisme

L’exposition adopte une définition ouverte du surréalisme, entendu comme libération de l’inconscient par les moyens créatifs. Elle propose un parcours pluridisciplinaire (peinture, sculpture, photographie, dessin, écriture, cinéma) qui met en lumière des artistes encore peu connues du public français, autour d’un corpus historique d’œuvres allant des années 1920 à 1960. L’exposition étudie la contribution des artistes femmes à l’imaginaire surréaliste. Elle s’attache inversement aux développements que les questionnements, les théories et les pratiques du surréalisme ont pu trouver et trouvent encore dans le travail d’artistes femmes. L’exposition présente en outre un ensemble d’œuvres contemporaines, depuis les années 1970 jusqu’à aujourd’hui, qui s’inscrivent dans l’héritage surréaliste et démontrent son extraordinaire pérennité.

Valentine Hugo, La vérité tomberait du ciel sous le forme d'un harfang, 1932, Saint-Denis, Musée Paul Eluard

Les collections nantaises mises en valeur

Nantes occupe une place singulière dans l’histoire du surréalisme : c’est dans cette ville qu’André Breton rencontre Jacques Vaché, dont l’esprit d’insoumission fut déterminant dans la genèse du mouvement. L’exposition rend hommage à ce terreau historique tout en l’éclairant d’un jour nouveau, à travers le prisme des artistes femmes. Détenteur de l’un des ensembles les plus importants autour de Claude Cahun et dépositaire d’une œuvre de Toyen, le Musée d’arts de Nantes a récemment enrichi ses collections avec des œuvres majeures de Meret Oppenheim, Leonor Fini, Jane Graverol, Dorothea Tanning et Jacqueline Lamba. Ces acquisitions forment le socle de l’exposition et dialogueront avec de nombreux prêts exceptionnels.

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