Pour cette exposition, Caroline Le Méhauté met en regard un certain nombre d’œuvres inédites, liées à Nantes, réalisées à partir de différentes terres de tourbières, maraîchères et forestières, avec des œuvres antérieures issues de contextes de recherche et d’expérimentation menés autour des sols.

 

Poétique, philosophique, scientifique et politique, la démarche de Caroline Le Méhauté s’intéresse aux différentes interactions entre l’homme et son environnement. De nombreuses œuvres de l’artiste portent le titre de Négociations, qui évoquent autant les tractations perpétuelles et universelles de l’Homme avec la nature que le dialogue plus personnel de la sculptrice avec la matière.

Les éléments naturels tels que la tourbe, la fibre de noix de coco, les pierres, le liège, l’argile, la cire d’abeille ou le mycélium composent ses oeuvres.
Au gré de ses résidences de recherche et de création, ou au plus près de son lieu de vie, l’artiste s’intéresse aux sols, à ce qui les compose, à leur histoire et à leur avenir.

Pour cette exposition, Caroline Le Méhauté met en regard un certain nombre d’oeuvres inédites, liées à Nantes, réalisées à partir de différentes terres de tourbières, maraîchères et forestières, avec des oeuvres antérieures issues de contextes de recherche et d’expérimentation menés autour des sols.

Si l’artiste valorise la richesse des sols dans l’exposition, elle évoque également ce qui les menace, à l’image de l’oeuvre Négociation 95 — Décoloniser les imaginaires (2018), réalisée à partir de matériaux trouvés dans une déchetterie sauvage en Normandie.

« Parmi des rejets variés, une huile de vidange épaisse se trouvait aux pieds d’un monticule de terre. La forme que prend l’oeuvre évoque une baignoire, une mangeoire, un abreuvoir tout autant qu’un sarcophage. La terre qui contient l’huile se craquelle. Prête à céder, elle a soif. Cette sculpture renvoie aux enjeux contemporains liés à la terre et à l’eau : l’appauvrissement de l’une et le manque de l’autre.»

En savoir plus

Poétique, philosophique, scientifique et politique, la démarche de Caroline Le Méhauté s’intéresse aux différentes interactions entre l’homme et son environnement. De nombreuses oeuvres de l’artiste portent le titre de Négociations qui évoquent autant les tractations perpétuelles et universelles de l’Homme avec la nature que le dialogue plus personnel de la sculptrice avec la matière.

Les éléments naturels tels que la tourbe, la fibre de noix de coco, les pierres, le liège, l’argile, la cire d’abeille ou le mycélium, composent ses sculptures et installations aussi bien que ses dessins ou vidéos. Au gré de ses résidences de recherche et de création, ou au plus près de son lieu de vie, l’artiste s’intéresse aux sols, à ce qui les compose, à leur histoire et leur avenir. La terre est essentielle dans le travail et la pensée de l’artiste, elle est intemporelle ; elle traverse les âges, elle convoque le passé dans le présent, sans pour autant l’interrompre et pose la question de son avenir. Elle ne connait pas de frontière, elle est notre socle commun.

Dans la plupart des oeuvres de l’artiste, « la terre est mise à hauteur d’homme ; un changement de paradigme où le sol horizontal, généralement piétiné sous les pieds et donc jamais vu, senti ou ressenti de près, accède à la verticale et au face-à-face. Les distinctions hiérarchiques s’effacent ; grandit alors en nous la prise de conscience de notre appartenance à cette terre, à cette matière dont nous sommes nous-mêmes issus. » (1)

Pour son exposition Ce que la terre retient au Passage Sainte-Croix, Caroline Le Méhauté met en regard un certain nombre d’oeuvres inédites, liées à Nantes, réalisées à partir de différentes terres de tourbières, maraîchères et forestières, avec des oeuvres antérieures issues de contextes de recherche et d’expérimentation menés autour des sols.

La tourbe tient une place prépondérante dans l’exposition. Caroline Le Méhauté l’a découverte en Irlande, sur le mont Ben Bulben, au cours d’une résidence de recherche en 2013. Elle a ressenti la densité de la matière dans son corps, la sensation d’avoir un morceau d’histoire dans sa main et a depuis lors réalisé un grand nombre de sculptures avec cette matière. Elle valorise ainsi les tourbières, ces écosystèmes uniques encore méconnus, qui agissent comme de véritables conservatoires biologiques dépositaires d’une forte densité minéralogique de la matière fossile et qui ont la capacité d’absorber et de stocker le carbone de l’atmosphère.

En 2021, elle réalisait l’oeuvre Négociation 109 — Croître en silence, dans le cadre de la résidence « Rien n’est vrai tout est vivant », organisée par la Fondation LAccolade. Présentée dans le patio du Passage Sainte-Croix, tel un monument nous invitant à lever les yeux tout en nous « ancrant » sur le sol, cet obélisque de plus de quatre mètres de haut a été réalisé avec la tourbe de la région de Baupte, vieille de 15 000 ans.
Souhaitant poursuivre ce travail de recherche et de sensibilisation aux écosystèmes, Caroline Le Méhauté est allée à la rencontre des conservateurs de deux milieux exceptionnels protégés sur le territoire : la tourbière de Logné, réserve naturelle régionale vieille de 4 000 ans et inaccessible au public et le Parc naturel régional de Brière, première tourbière de France en termes de surface, vieille de 7 000 ans.
À titre exceptionnel, une infime quantité de tourbe a pu être prélevée sur ces sites, en reconnaissance de la portée du message artistique. Caroline Le Méhauté a ainsi réalisé Ancrer le réel. Séchée pendant plusieurs semaines, puis minutieusement tamisée, l’artiste a utilisé la tourbe comme un pigment qu’elle a appliqué en couches successives, formant deux tableaux condensés de matière : « Une densité d’existence qui vient enrichir l’édification laborieuse d’un microcosme devenu rare et précieux. », précise l’artiste.

Ce renversement de positionnement face à la matière se retrouve également dans le film Soma (2) réalisé dans le cadre de l’exposition, où des particules de tourbe sont filmées en ascension tel un embrasement de substances dans lesquelles le spectateur se trouve immergé.

La terre maraîchère et agricole de Nantes se trouve aussi mise à l’honneur dans l’exposition, exposée dans la série Chaque limite en dissimule une autre sous forme de portraits de terre qui montrent la diversité des territoires sur lesquels ils ont été prélevés.
Trois exploitants en agriculture biologique de la Ferme du bois des Anses à Nantes, de Java, ferme maraichère et festive aux Sorinières et de la Ferme des 9 journaux à Bouguenais, ont ainsi accepté de confier un petit prélèvement de leurs terres à l’artiste.

Dans Petrichor (3), c’est cette fois quelques particules de la terre de la forêt de Touffou à Vertou, mêlées à du verre, qui ont servi à l’artiste pour réaliser une oeuvre inédite qui nous invite à nous remémorer l’odeur qui se dégage des sols riches en humus après une pluie d’été.
Si l’artiste valorise la richesse des sols dans l’exposition, elle évoque également ce qui les menace, notamment avec la série Graphein (4) qui interroge le rapport de l’homme à son environnement et la place qu’il occupe dans la transformation, parfois démesurée du paysage.
« Ces vues d’images satellites réalisées en négatif montrent d’immenses champs circulaires aux États-Unis et en Arabie Saoudite. Ces champs liés à l’agriculture 2.0 mesurant parfois jusqu’à trois kilomètres de diamètre reflètent l’hyper exploitation et production de nos sociétés contemporaines. » précise l’artiste.
Cet impact est également ressenti de manière très frontale devant l’oeuvre Négociation 95 — Décoloniser les imaginaires (2018), réalisée à partir de matériaux trouvés dans une déchetterie sauvage en Normandie. « Parmi des rejets variés, une huile de vidange épaisse se trouvait aux pieds d’un monticule de terre, lui aussi jeté tel un tas de gravats. La forme que prend l’oeuvre évoque une baignoire, une mangeoire, un abreuvoir tout autant qu’un sarcophage. La terre qui contient l’huile se craquelle. Prête à céder, elle a soif. Cette sculpture renvoie aux enjeux contemporains liés à la terre et à l’eau : l’appauvrissement de l’une et le manque de l’autre. »

L’artiste aborde enfin dans l’exposition Tellus project, un projet au long cours qui regroupe un ensemble d’oeuvres expérimentales sollicitant autant la pensée que l’action dans la matière à travers diverses créations sculpturales et performatives menées avec des citoyens. À travers diverses actions collectives, l’artiste valorise la phytoremédiation qui consiste à utiliser des plantes dites hyper-accumulatrices, telles la moutarde, le colza ou le calendula pour absorber certains polluants présents dans les sols. Caroline Le Méhauté propose ainsi aux visiteurs de l’exposition de participer modestement à ce projet en repartant avec quelques graines de graminées (Fétuque et Dactyle), et de plantes mellifères (Phacélie et Sainfoin), qui pourront être utilisées par chacun d’entre eux pour améliorer une petite portion de terre qu’ils souhaitent rendre à la vie.

1. Tamara Beheydt, texte pour l’exposition Into the distance, Whitehouse Galllery,
Louvain, Belgique, 2021
2. En grec « Soma » signifie « corps » ou « corps cellulaire », tandis que dans la
religion hindouiste, ce terme désigne le dieu de la Lune, qui donne vie aux plantes.
3. Le petrichor est l’odeur qui se dégage de la terre lorsque tombe la pluie après
une période sèche.
4. En grec, le sens premier de « graphein » est « faire des entailles », que l’on
peut également traduire par « graver des caractères », écrire, mais aussi dessiner.

Caroline Le Méhauté est née en 1982. Elle vit et travaille à Bruxelles.
Voir le compte Instagram de l’artiste.

 

Remerciements au Passage Sainte-Croix.

Visites

Visites flash 7j/7 à 11h30. durée 20-30 minutes, gratuit, sans réservation et dans la limite des places disponibles.

4 juillet 2026

Ouvert en nocturne pour la nuit du Van
Entrée libre de 19h à 22h

Voir le programme de la Nuit du Van


La Nuit du Van 2026

À voir aussi

INTERSTELLAR, Ré-imaginer la Terre

Retrouver Caroline Le Méhauté dans l’exposition de la Hab Galerie.

Ça m’intéresse

Poursuivre le voyage