Sous le square, le fleuve.
Ici était la grève de la pointe de l’île Feydeau.
Entourée autrefois par deux bras de la Loire, avec ses bains publics, puis son marché couvert.
Dans les années 1930, on a tout comblé. Le sable a tout recouvert pour créer un jardin paysager.
Dominique Petitgand crée des pièces sonores ; ce qu’il compose ne reconstitue pas le passé, il ouvre des brèches dans le présent.
Pour le square Daviais, l’artiste a collecté des récits de Nantais : des souvenirs approximatifs, des sensations, des impressions fragmentaires plutôt que des archives précises. Ces bribes de paroles, rendues au présent de l’indicatif, forment le coeur d’un paysage sonore composite, intergénérationnel et mouvant autour de la « mémoire de l’eau », qui est à l’origine de l’œuvre.
L’installation se déploie en plusieurs zones d’écoute, comme un paysage sonore en mouvement. Des éléments sonores et musicaux, des paroles et des ponctuations s’entrecroisent selon notre position. Il n’existe ni point central, ni parcours imposé. Cette mobilité de l’écoute fait de l’œuvre une forme ouverte, toujours changeante.
Les silences, volontairement ménagés, laissent la rumeur de la ville reprendre sa place.
L’œuvre n’a ni début ni fin. Elle tourne en boucle, comme l’eau ondule.
Le titre agit comme une déclaration paradoxale : l’eau n’est plus donnée à voir, mais à entendre, à imaginer, telle une rêverie balnéaire au cœur de la ville.
Situé au cœur de Nantes, le square Jean-Baptiste Daviais est un lieu profondément marqué par les transformations urbaines et les mouvements du fleuve. Au fil des époques, il a toujours été un lieu de rencontre, dont l’identité s’est construite autour d’usages collectifs.
Avant d’être démolie en 1930 dans le contexte des comblements des bras de Loire, la grève située à la pointe de l’île Feydeau a connu différentes destinations : promenade avec vue sur la Loire, bains publics puis marché couvert de la Petite-Hollande. En 1933, dans le cadre d’un vaste projet de réaménagement du centre-ville, l’architecte Étienne Coutan inclut la création d’un jardin paysager en demi-cercle et en creux, formant la proue de l’ancienne île Feydeau. Aujourd’hui, les abords du square se distinguent par la présence de potagers solidaires et de jardins participatifs, renforçant sa vocation collective.
Dominique Petitgand développe un travail lié à l’écoute, la sonorité des mots, des bruits et des lieux. Il crée des œuvres sonores où les voix, les sons, les atmosphères musicales et les silences construisent, par le biais du montage, des micro-univers où l’ambiguïté subsiste en permanence entre un principe de réalité et une projection dans une fiction hors contexte et atemporelle.
Concevoir une situation d’écoute pour le square Daviais s’inscrit pleinement dans cette démarche. L’invitation faite à l’artiste autour de la thématique de la terre fait écho à l’histoire enfouie du lieu, celle de l’eau disparue, des usages effacés, des paysages transformés. Les traces laissées par la multiplicité des histoires et des usages rendent cet espace étrange, hésitant, hanté. La terre a scellé une mémoire souterraine avec les comblements de la Loire. À travers l’écoute, Dominique Petitgand propose d’excaver ce qui n’est plus visible, mais demeure présent dans les récits à travers les souvenirs et les imaginaires, pour déclencher chez l’auditeur une rêverie de paysages fantasmés.
À l’origine du projet se trouve la notion de « mémoire de l’eau ». Dominique Petitgand s’intéresse à ce qui a été recouvert : l’eau, les îles, les plages temporaires, les bains, le marché, la voie ferrée ; mais aussi au présent du square : jardin pour enfants, camp pour migrants, lieu de promenade. Ce qui a disparu du paysage physique continue pourtant d’exister dans notre imaginaire, parfois de manière fragmentaire, floue, voire inconsciente.
L’artiste a choisi de privilégier ces récits incomplets, ces souvenirs concaves, faits d’approximations, de sensations et d’interprétations, plutôt que des témoignages experts ou des archives précises. Le projet repose principalement
sur la collecte de voix de Nantais.
Ces bribes de récits rendus au présent de l’indicatif constituent le noyau de l’œuvre,
telle une parole sensible, intergénérationnelle, mouvante autour de laquelle se déploie
un paysage sonore composite.
Cette mémoire de l’eau est envisagée ici comme un point de départ, à partir duquel l’artiste s’attache à inventer un nouveau paysage, non l’illusoire reconstitution d’une situation passée mais une ouverture à tous les possibles imaginaires.
L’œuvre prend la forme d’une installation sonore in situ, pensée spécifiquement pour la configuration du square Daviais. Discrète et partiellement dissimulée, elle se déploie en trois couches sonores qui reprennent l’ordonnancement du square et qui se révèlent progressivement selon les déplacements du public.
À l’image d’un mouvement d’eau, trois cercles concentriques d’écoute forment un paysage sonore qui dialogue avec l’environnement réel. Un premier rideau sonore accueille le visiteur avec des sons, qui prendront plus tard dans le parcours le statut d’arrière-plan. Le cœur de l’œuvre s’expérimente en contrebas. Invités à s’asseoir sur un banc, les auditeurs entendent se déployer les bribes de paroles et de récits. Un troisième cercle dans le bassin diffuse quant à lui des sons qui viennent ponctuer la pièce sonore. Le public construit ainsi sa propre écoute au gré de ses déambulations, de ses arrêts et de ses points d’attention.
Les silences, volontairement ménagés dans l’œuvre, laissent place à la rumeur de la ville et permettent à chacun de trouver sa propre mesure d’écoute. L’installation se veut ainsi une œuvre en creux, ouverte, dont la complétude reste en suspens, accueillant les subjectivités et les imaginaires de celles et ceux qui la traversent.
La composition est diffusée en boucle, sans début ni fin, créant l’illusion d’un temps infini fait de répétitions, de variations et de vacillements.
L’affirmation du titre L’eau est là fait advenir une présence là où, visuellement, tout démontre son absence. Formulée au présent, elle agit comme une déclaration paradoxale, presque performative, qui déplace la perception du lieu. L’eau n’est plus donnée à voir, mais à entendre, à imaginer, à convoquer intérieurement. Cette affirmation simple, presque géographique, ouvre une brèche imaginaire : l’irruption d’une rêverie balnéaire en milieu urbain.
Dominique Petitgand est né à Laxou en 1965, il vit et travaille à Paris.
Voir le comte Instagram de l’artiste.
Remerciements aux participants, et notamment à la classe de CE2-CM1 de Tatiana Granboulan – école du chêne d’Aron, Nantes – direction Alexandra Boucault.
Visites
Visites flash 7j/7 à 12h, 16h30 et 18h30. durée 20-30 minutes, gratuit, sans réservation et dans la limite des places disponibles.
Square Jean-Baptiste Daviais
Situé au cœur de Nantes, le square Jean-Baptiste Daviais est un lieu profondément marqué par les transformations urbaines et les mouvements du fleuve. Au fil des époques, il a toujours été un lieu de rencontre, dont l’identité s’est construite autour d’usages collectifs.
Avant d’être démolie en 1930 dans le contexte des comblements des bras de Loire, la grève située à la pointe de l’île Feydeau a connu différentes destinations : promenade avec vue sur la Loire, bains publics puis marché couvert de la Petite-Hollande. En 1933, dans le cadre d’un vaste projet de réaménagement du centre-ville, l’architecte Étienne Coutan inclut la création d’un jardin paysager en demi-cercle et en creux, formant la proue de l’ancienne île Feydeau. Aujourd’hui, les abords du square se distinguent par la présence de potagers solidaires et de jardins participatifs, renforçant sa vocation collective.
Square Daviais, Nantes
Comment s'y rendre ?
Parkings à proximité : Parking Commerce, Parking CHU 1, Parking Gloriette 2, Parking Médiathèque, Parking Hôtel Dieu, Parking CHU 2, Parking Feydeau, Parking Baco-LU 2 côté CHU, Parking Graslin
Transports en commun : Square Daviais, Hotel Dieu, Hôtel Dieu, Gaston Veil, Médiathèque, Commerce
Vélos en libre service : Station Naolib Vélo libre-service Félix éboué (n°37), Station Naolib Vélo libre-service Duguay trouin (n°29), Station Naolib Vélo libre-service Bourse (n°31), Station Naolib Vélo libre-service Commerce (n°30), Station Naolib Vélo libre-service Quai moncousu (n°39), Station Naolib Vélo libre-service Médiathèque (n°34), Station Naolib Vélo libre-service Ricordeau (n°38), Station Naolib Vélo libre-service École d'architecture (n°77), Station Naolib Vélo libre-service Palais de justice (n°44), Station Naolib Vélo libre-service Bouffay (n°20)
Fermé aujourd‘hui
Du 4 juillet 2026 au 6 septembre 2026
Bornes sonores activées de 10h à 19h.
Œuvre sonore audible dans un square sur 2 niveaux.
Œuvre sonore. Transcription disponible prochainement.