Avec La nuit je vois, Vincent Olinet dessine le portrait d’une ville en suspens. En s’inspirant des ornements qui ponctuent les façades des bâtiments du centre-ville, l’artiste crée un catalogue de motifs et de styles architecturaux qui reflètent l’histoire de Nantes à travers les âges.
Les sculptures lumineuses sont suspendues aux façades des bâtiments, dans les rues et les places de la ville entre le Château des ducs de Bretagne et le Muséum d’histoire naturelle. Tour à tour, corniches, mascarons et consoles sont telles des apparitions lumineuses en apesanteur. Ce foisonnement est sublimé par un jeu de lumières, avec un spectre chromatique vif et éclatant. Les teintes insufflent une nouvelle vie aux façades familières des rues en en révélant leurs détails insoupçonnés.
Comme dans une scène de cinéma où les projecteurs jouent avec les émotions, les lanternes de l’éclairage public et les arbres se parent d’une palette pastel turquoise et magenta.
Cette année, pour renforcer la densité lumineuse et éclairer plus de rues, en complément des sculptures lumineuses, Vincent Olinet renouvelle le design des guirlandes conventionnelles en intégrant des « portes » inspirées par le profil d’une console architecturale. Avec les arbres
et façades éclairés, elles créent, sur le parcours, des jeux de lumière et des nappes de couleurs changeantes.
40 façades spéciales.
19 ensembles d’arbres aux couleurs de La nuit je vois.
16 sculptures monumentales.
Transformation de l’éclairage ornemental cours Franklin-Roosevelt, place Royale, place Graslin, et sur des monuments de la ville comme le Muséum d’histoire naturelle et l’opéra Graslin.
185 portes dessinées par Vincent Olinet (120 bicolores et 65 blanc-doré).
L’instant patrimoine
Pour imaginer La nuit je vois, Vincent Olinet s’inspire des ornements qui embellissent
les bâtiments du centre-ville. À partir d’un « prélèvement » subjectif, il crée un catalogue de motifs et de styles architecturaux qui reflètent l’histoire fragmentée de Nantes à travers les âges.
Cette œuvre a été réalisée avec le soutien de : Atlantique Japon.
Remerciements aux syndics de copropriétés, propriétaires, habitants et hôteliers participants.
Le Noël de Vincent Olinet
Que représentent pour vous les fêtes de fin d’année ?
Les fêtes de fin d’année ne sont pas uniquement ponctuées par le folklore de Noël. Pour moi, c’est aussi une conclusion de l’année écoulée, une façon de se préparer à l’année suivante en se réjouissant autour de moments confortables et chaleureux. J’aime bien penser que ce rituel est plus ancien que nos fêtes contemporaines, quand les premiers humains observaient le solstice d’hiver comme le moment où le soleil cesse de décroître et reviendra vers nous.
Avez-vous un/des rituels particuliers ?
Oui ! J’ai gardé une grande affection pour les calendriers de l’avent traditionnels, avec leurs scènes enneigées et duveteuses recouvertes de paillettes. Aussi, parce que j’ai une ascendance alsacienne, tous les rituels avant Noël comme la Saint-Nicolas ou la confection de petits gâteaux viennent compléter l’ambiance. Même si je ne suis plus écolier (saint Nicolas est le patron des écoliers), j’attends toujours le 6 décembre pour savourer mes premières clémentines ! Enfin, de ma jeunesse lyonnaise, j’ai gardé des souvenirs émus du 8 décembre et de la Fête des lumières avec ses lampions aux fenêtres, et qui s’inscrivait dans l’attente interminable du 24…
Selon vous, en quoi Le Voyage en hiver s’inscrit dans ces traditions ?
Parce que le début de l’hiver est célébré par l’humanité depuis longtemps, il est normal que nos sociétés modernes continuent ces rites. Nantes est différente des autres villes, car elle se réinvente sans cesse, offre une large place à la culture et à la convivialité. Avec cet esprit, Le Voyage en hiver réinvente Noël, en proposant un folklore inédit qui peut-être deviendra lui-même tradition, sans rien enlever à l’esprit des fêtes, mais en s’y ajoutant.
Comment vos œuvres s’inscrivent dans ce contexte particulier ? Cela a-t-il eu un impact sur votre manière de penser l’œuvre ?
Bien sûr ! Pour La nuit je vois, je m’étais fixé comme cahier des charges des sculptures lumineuses, qui viendraient changer la vision de la ville pendant un temps déterminé. Parce que chacun s’attache à son folklore, je n’ai pas voulu reprendre de clichés particuliers propres à Noël, mais inventer au contraire de nouvelles traditions, à l’image du « Cerf » qui observe la ville depuis la place Soil, prêt pour son rendez-vous avec les Nantais. Et comme c’est une œuvre qui fait la taille de la ville, sans possibilité de répétition à l’atelier, c’est toujours très ardu de tout pouvoir envisager avant l’installation, mais les années passant viennent enrichir mon expérience et aident à la réinvention et à la poursuite de l’œuvre.
Êtes-vous pour ou contre les films de Noël ? Ouvrez-vous les cadeaux le soir du 24 ou le matin du 25 ? Bûche pâtissière ou bûche glacée ?
Pour ! J’avoue que regarder les films de Noël est un plaisir coupable, surtout qu’il est récent ! J’aime beaucoup ces intrigues faciles et heureuses, tournées pendant l’été dans des petites villes américaines ou canadiennes, et où il est toujours très drôle de regarder les efforts déployés par la production pour enneiger la ville à coups de ouate blanche et d’admirer leurs décos de Noël surchargées ! Pour les cadeaux, je fais partie de ceux que le père Noël vient voir en premier en ouvrant les cadeaux le 24 au soir, et je me range définitivement avec les partisans de la bûche pâtissière (mais j’ai un gros faible pour les marrons glacés ! ;))
Vincent Olinet est né en 1981 à Lyon. Il vit et travaille à Paris.
Vincent Olinet laisse entrevoir le monde à travers une frivolité sérieuse. L’artiste situe ses sculptures et installations dans des dispositifs immersifs dont les thèmes centraux sont l’écoulement du temps et le rapport à l’espace. Chaque œuvre est l’occasion pour lui de s’approprier des objets, usuels et domestiques, issus de la culture populaire qu’il détourne. S’imprégnant de différents styles, du maniérisme au romantisme de différentes cultures du monde, il imite le résultat de savoir-faire traditionnels d’artisans d’art avec des matériaux simples et bruts. De ses installations émane une impression d’illusion étrange, qui entraîne une fascination enjouée et complice chez celui qui les regarde.
Le calendrier de l’Avent de Vincent Olinet
Vincent Olinet a imaginé un calendrier de l’Avent en s’inspirant des calendriers traditionnels allemands, caractérisés par leurs scènes enneigées et duveteuses recouvertes de paillettes. Il imagine un paysage fictif de Nantes en suspension, où des éléments se révèlent à l’ouverture des languettes avec une vie pleine de surprises ! Ici, ni chocolats, ni jouets, mais une planche de 13 stickers en écho à la collection de sculptures monumentales qu’il a imaginées pour La nuit je vois.
Format A3 – 17€
En vente au Bazar Officiel du Voyage et à la Librairie de la HAB Galerie

Œuvre visuelle