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Place Graslin
Hécate
Nicolas Darrot
œuvre d'art in situ

Sur la place Graslin, Nicolas Darrot met en scène l’absence d’Uranie, la muse de l’astronomie et de l’astrologie manquante au fronton du théâtre.

Héritier de la tradition de la sculpture animée, Nicolas Darrot est un concepteur d’automates et de machines drôles et inquiétantes. Inventeur, entomologiste, roboticien, voire marionnettiste, il entremêle avec subtilité et humour les songes de l’enfance, la science-fiction, la mécanique, la science, la technologie et la philosophie. Son univers est ainsi fait de mécanismes qui imitent la nature et troublent les sens.
Sur la place Graslin, Nicolas Darrot met en scène l’absence d’Uranie, la muse de l’astronomie et de l’astrologie manquante au fronton du théâtre. Cette part invisible de notre monde est figurée par l’artiste sous les traits d’un grand personnage allongé sur le flanc. Il symbolise Hécate, déesse grecque lunaire de la magie, présidant aux enchantements et incantations. Dotée d’une double image, elle est à fois déesse protectrice et déesse de l’ombre et des morts.

Face aux colonnes de l’opéra, on peut traverser de part en part cette figure de gisant. En son cœur, un foyer en bronze figure un feu archaïque, point névralgique de l’activité cosmique entretenue par Hécate et rendue visible grâce à une légère brume.

L’une des sources d’inspiration de Nicolas Darrot pour cette œuvre est l’observatoire de Yantra Mandir (Jaipur, inde). Ce « temple des instruments », dans sa traduction littérale, a été conçu au 18e siècle pour définir les thèmes astraux et moments les plus propices à l’organisation de grands événements.

Hécate est ainsi un instrument astronomique dont le fonctionnement dépend des conditions météorologiques. Si le ciel est voilé, l’instrument ne fonctionne que partiellement.
 
Le public est donc invité à faire l’expérience d’Hécate sous les généreux rayons du soleil et à revenir si le temps n’est pas au rendez-vous…

 


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3 QUESTIONS À...
NICOLAS DARROT


QUEL EST VOTRE PREMIER SOUVENIR DE NANTES ?
C’est plutôt une image. Il y a une trentaine d’années, j’ai visité Nantes en famille. Mes parents songeaient à s’installer là. Je me souviens d’un monde aqueux et flou qui, pour le montagnard que j’étais, se fondait dans l’immensité de l’Atlantique. L’image qui me reste de cette journée, c’est celle du CHU, se dressant dans l’atmosphère saturée d’eau, comme une gigantesque vague, posée sur un espace dont elle dévore l’horizon. C’est revenu assez naturellement, lorsque j’ai commencé à réfléchir à ce que je pourrais proposer pour la place Graslin, avant de se décliner en d’autres formes.

QUE SIGNIFIE POUR VOUS « ESPACE PUBLIC » ?
C’est le « lieu commun », pour reprendre la formule de Paulhan, avec son cortège de rites, d’événements circulaires, son inscription dans le temps géologique. Dans la langue, il y a des formules familières, d’une banalité magique, qui sont comme les grandes rues, où tout le monde se retrouve. Ce sont des lieux pour vivre ensemble, et faire communauté. Mais il existe également des impasses, des friches, des espaces en chantier, inaboutis, dont le caractère transforme peu à peu les modalités de circulation et d’échange.

QU’EST CE QUE VOUS REGARDEZ EN PREMIER DANS UNE VILLE ?
Le ciel, sans doute. En tout cas pour Nantes, il y a eu cette histoire de muse absente sur le portique de l’opéra. C’est curieux qu’une ville si maritime, en prise aux phases de la lune, à la mécanique des sphères, fasse justement disparaître la muse de l’astronomie. Ce détail s’est déployé comme un voile nocturne tombant sur la place. Avec l’absence d’Uranie me sont revenues d’autres éminentes astronomes, Vera Rubin, mère de la matière noire, Hypatie d’Alexandrie, reine de la nuit d’un autre temps, Caroline Herschel… Ces personnages lunaires, scrutant le ciel à travers les âges se retrouvent sur la place dans la figure d’Hécate, qui transforme la lumière solaire en une série de constellations habituellement invisibles durant la journée.

SI ON VOUS DIT « VOYAGE », VOUS RÉPONDEZ…
En préparant le projet, je me suis souvent interrogé sur les traces que le commerce maritime avait pu laisser sur la ville. Les grands navigateurs du 16e siècle, qui ont ouvert les voies de circulation du monde moderne, ont en partie clos la géographie terrestre, en levant le voile sur des territoires inconnus. Avec eux l’idée d’infini s’est radicalement déplacée. Est-ce que Nantes, Venise ou Lisbonne conservent quelque chose de cette témérité ? Une expédition vers l’Amérique, pour un homme de la Renaissance, devait être quelque chose comme la préparation d’un voyage vers Mars aujourd’hui.

 

 


Le travail de Nicolas Darrot est également à découvrir au théâtre Graslin avec BLKNTRNTL et au Temple du goût, exposition Les Instruments. En collaboration avec Olivier Dadoun du Laboratoire de Physique Nucléaire et de Hautes Energies (LPNHE, IN2P3 CNRS/Université Pierre et Marie Curie/Université Paris Diderot).


© Martin Argyroglo


Place Graslin, Hécate, Nicolas Darrot vidéo LSF 2017 from levoyageanantes on Vimeo.

TARIFS
Accès libre.
ACCÈS
Place Graslin
44000 Nantes
Tramway ligne 1 - Arrêt Médiathèque. En Bus : ligne 11 - Arrêt Graslin
Accessibilité

Accès à la structure via une pente à 8%. Accompagnement recommandé.


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